Organisation de seminaire: Seville

by admin | 1st février 2016

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La semaine dernière, nous avons eu la chance d’organiser un séminaire à Séville. Si cette destination plaît évidemment pour son ensoleillement, elle attire et fascine aussi pour son patrimoine unique et raffiné, reflet d’une histoire riche et de nombreuses influences. C’est tout simplement l’une des plus belles villes du monde. La Torre de Oro, par exemple, se dresse le long du Guadalquivir. Cette tour de l’Or médiévale est ainsi nommée car chaque année en avril, pendant plus de cent ans (du XVIe au XVIIe siècle) les galions y ont déchargé l’or rapporté des colonies espagnoles du Nouveau Monde. La tour jumelle, la tour de l’Argent, se trouve quant à elle de l’autre côté du fleuve. Séville, résidence des rois et des reines de Castille et de León, jouissait alors d’un monopole commercial, source d’une fabuleuse richesse.

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Pourtant, il s’agissait à l’époque de la troisième vie d’une cité qui fut d’abord la romaine Hispalis, conquise par les Wisigoths chrétiens à la chute de l’Empire. En 712, elle devint Isbiliya, foyer du pouvoir des Maures, conquérants musulmans venus d’Afrique du Nord. Enfin, en 1248, elle tomba à nouveau entre les mains des chrétiens et du roi Ferdinand III de Castille. Sa fortune fut faite grâce à sa voie navigable : elle fut (et demeure) une cité portuaire en dépit des 80 kilomètres qui la séparent de la côte, l’estuaire du Guadalquivir lui offrant un accès direct à l’Atlantique. Ce passé à rebondissements a enfanté une ville d’une extraordinaire beauté, alliance fascinante des arts mauresque et chrétien. Les dirigeants maures almohades ont bâti des monuments d’importance, à la grâce et la sophistication sans égales. Après la Reconquête, les chrétiens ont quant à eux employé des artistes mudéjars (les musulmans restés en Espagne) pour réaliser des édifices d’inspiration mauresque. Le plus bel exemple de ce mélange d’influences est l’Alcazar, un palais fortifié remanié par les rois de Castille : le sublime salon des Ambassadeurs du XIVe siècle se distingue par ses arches en fer à cheval et ses mosaïques sophistiquées s’élevant vers un dôme doré très travaillé.

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La cathédrale de Séville, qui fut à l’origine une mosquée, fut quant à elle remaniée pour devenir la plus grande église gothique du monde. Un minaret alambiqué datant de la mosquée fait désormais office de clocher. Au sommet de sa flèche — chrétienne —— culmine une giralda, une girouette ornée d’une figure représentant la Foi. C’est ce mobile qui a donné son surnom — « la Giralda » — à l’édifice le plus symbolique de Séville. Visible de partout, ce point de réference immuable est d’ailleurs très pratique lorsqu’il s’agit de s’extraire du méandre des ruelles tortueuses du centre historique.

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Séville est sans conteste l’une des plus belles villes d’Espagne, riche de ses palmiers, ses orangers, son fleuve et ses places exquises : une destination magique où musarder, s’asseoir à une table en terrasse, commander des tapas et regarder le monde tourner. À Pâques et en avril, la cité explose notamment sous le feu de deux événements à la nature très contrastée. La Semana Santa déroule ses processions animées par des milliers de nazarenos (des pénitents masqués de hautes cagoules coniques) et de castaleros qui portent à dos d’homme les pesos, ces lourdes plates-formes décorées de scènes de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ, entourés d’enfants de choeur arborant cierges et encensoirs. Puis vient le temps de la Feria de Abril, une semaine de festivités, de festins et de flamenco qui coïncide avec le lancement de la saison de corrida dans les arènes de la Real Maestranza datant du XVIIIe siècle.

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Cité historique, Séville ne se contente cependant pas de ses trésors passé. En 1992, elle a notamment accueilli l’Exposition universelle et offert au Guadalquivir cinq nouveaux ponts, dont l‘incroyable pont de l’Alamillo, en forme de harpe, conçu par l’architecte espagnol Santiago Calatrava. En 2011, une nouvelle strucrure, exceptionnelle, a fait son apparition sur la Plaza de la Encarnación. Son nom officiel est le Metropol Parasol. Imaginée par l’architecte allemand Jürgen Mayer-Hermann, elle est le plus grand édifice de bois du monde, une extravagance architecturale novatrice qui a gagné le surnom de « Las Setas de la Encarnación » (les champignons de l’Incarnation). La charpente abrite une collection de trouvailles archéologiques de toutes les époques exhumées au cours du chantier, un marché et, dans ses étages supérieurs, des terrasses panoramiques et un restaurant. Elle confirme le célèbre adage espagnol : « Quien no ha visto Sevilla, no ha visto maravilla » : « Qui n’a pas vu Séville n’a pas vu de merveilles ». Et vous, avez-vous déjà vu des merveilles ?

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